Voix et données biométriques
Ce qu'il advient d'une voix enregistrée par MIHOS, et de la personne à qui elle appartient.
Dernière mise à jour : 26 août 2026
MIHOS écoute de vraies conversations de vente. C'est le produit. C'est aussi ce qui engage le plus notre responsabilité, car la personne assise en face n'est en général pas utilisatrice de MIHOS, n'a pas de compte chez nous et n'a jamais rien accepté directement auprès de nous. Cette page explique ce qu'il advient de sa voix.
1. Ce qui est enregistré
Lorsqu'un commercial démarre une session, l'application capte l'audio de la conversation et produit trois éléments : un enregistrement audio du rendez-vous ; une transcription écrite, avec séparation des locuteurs ; et une analyse dérivée portant sur les sujets abordés, les objections, les questions, la répartition du temps de parole, les signaux de coaching et les suggestions de champs CRM.
L'enregistrement est déclenché délibérément par le commercial, session après session. MIHOS ne tourne pas en arrière-plan, n'écoute pas entre les sessions et ne s'active pas selon un horaire. Aucun réglage ne permet de le faire.
2. Le consentement d'abord
Aucun enregistrement ne commence sans le consentement de toutes les personnes présentes.
L'application diffuse une annonce sonore au début de la session. Le commercial confirme à l'écran que chaque participant a donné son accord. Le consentement lui-même est capté dans les premières secondes de l'enregistrement et conservé à titre de preuve. L'enregistrement s'arrête sur demande à tout moment, et la session peut être supprimée depuis l'appareil.
Lorsque la loi exige l'accord de chaque participant, cette obligation incombe à l'entreprise cliente, qui maîtrise le rendez-vous. En Suisse, l'art. 179ter CP réprime le fait, pour un participant, d'enregistrer une conversation non publique sans l'accord des autres participants, et l'art. 179bis CP vise l'enregistrement d'une conversation entre tiers. L'exception de l'art. 179quinquies CP est étroite : le PFPDT la lit comme couvrant les commandes, les contrats, les réservations et les transactions comparables, et non les entretiens de vente de type conseil. MIHOS ne s'en prévaut pas. En France, l'art. 226-1 du code pénal retient la même logique. Plusieurs États américains appliquent leur propre règle d'accord de toutes les parties.
MIHOS fournit les commandes et la traçabilité probante. Il appartient au client de les utiliser.
3. Une empreinte vocale est-elle créée ?
Non.
Cette question détermine quelles lois s'appliquent. Elle mérite donc une réponse directe plutôt qu'une réponse confortable.
L'enregistrement d'une voix est une donnée personnelle. L'empreinte vocale va plus loin : c'est un gabarit mathématique des caractéristiques de la voix d'une personne, conservé afin de pouvoir reconnaître cette même personne plus tard. Il s'agit d'un identifiant biométrique au sens de l'art. 5, let. c, nLPD et de l'art. 9 RGPD, ainsi que de lois américaines telles que le BIPA de l'Illinois et le CUBI du Texas, dont plusieurs ouvrent une action civile individuelle et des dommages-intérêts forfaitaires par violation.
MIHOS sépare les locuteurs à l'intérieur d'un même enregistrement afin que la transcription se lise correctement. Les vecteurs qui rendent cela possible n'existent que le temps de ce traitement et disparaissent lorsqu'il se termine. Ils ne sont ni écrits dans une base de données, ni indexés, ni comparés à un autre enregistrement, ni rattachés à un nom. Le locuteur qui est le commercial est déterminé par le compte et l'appareil ayant démarré la session, non par le son de la voix. Les autres participants sont nommés par le commercial dans l'interface, ou ne le sont pas du tout.
MIHOS ne peut donc pas reconnaître une même voix d'un rendez-vous à l'autre. Notre prestataire de transcription ne peut pas davantage le faire pour nous : nous contractons sur des clauses qui interdisent l'enrôlement de locuteurs et la conservation de gabarits vocaux, et nous montrons cette clause à tout client qui le demande.
Nous ne nous appuyons pas sur l'argument selon lequel un gabarit dérivé d'un enregistrement audio échapperait à la définition d'identifiant biométrique. Certaines lois prévoient cette exclusion, d'autres non. Nous nous appuyons sur le fait de ne pas créer ce gabarit du tout.
Si cela devait changer un jour, cette page changerait en premier, et l'information écrite, le consentement écrit et le calendrier de destruction publié qu'exigent ces lois seraient en place avant la mise en service de la fonctionnalité.
4. Les émotions ne sont pas analysées
MIHOS n'infère, ne note ni n'étiquette l'état émotionnel d'aucun participant, et en particulier pas celui d'un collaborateur. Les fonctions de détection du sentiment et des émotions proposées par nos prestataires sont désactivées dans notre chaîne de traitement.
Inférer les émotions sur le lieu de travail est une pratique interdite au sens de l'art. 5, par. 1, let. f, du règlement européen sur l'IA, en vigueur depuis le 2 février 2025. Nous en faisons une contrainte de conception plutôt qu'une déclaration d'intention : la fonction n'est ni exposée, ni configurable, ni commercialisée.
Ce que MIHOS mesure, c'est ce qui a été dit et la manière dont la conversation a été structurée. Qui a parlé et combien de temps, quelles questions ont été posées, quelles objections sont apparues, si le playbook a été suivi. Pas si quelqu'un avait l'air stressé.
5. Voix de synthèse en mise en situation
MIHOS permet à un commercial de rejouer un rendez-vous perdu face à un prospect simulé. La simulation reproduit les arguments, les objections et les réactions consignés dans le rendez-vous. Elle ne clone pas la voix de la personne réelle.
La mise en situation utilise une voix de synthèse générique. Elle est signalée comme générée artificiellement dans l'interface et marquée comme telle dans l'audio, ainsi que l'exige l'art. 50 du règlement européen sur l'IA. La voix d'aucun participant n'est reproduite, imitée ni réutilisée à une autre fin que la transcription et l'analyse du rendez-vous auquel il a pris part.
6. Qui peut écouter un enregistrement
Le commercial qui l'a réalisé. Son manager et tout collègue que son organisation a autorisé. Les prestataires énumérés à la section 7 de notre Politique de confidentialité, strictement pour stocker le fichier ou pour produire la transcription et l'analyse, sur des clauses qui interdisent tout entraînement et limitent la conservation à ce qu'exige une requête isolée. Et le personnel de MIHOS, uniquement sur demande de support nominative du client ou lors d'un incident de sécurité, selon une procédure limitée dans le temps, journalisée et visible par le client dans sa piste d'audit.
Les enregistrements ne sont ni vendus ni partagés avec des annonceurs. Ils ne servent pas à entraîner des modèles, ni les nôtres ni ceux de nos prestataires. Il n'y a aucune option à activer sur ce point, parce qu'il n'y a rien à activer.
7. Où les données sont stockées, et pour combien de temps
Les fichiers audio, les transcriptions et les analyses sont stockés en Suisse, dans la région de Zurich. La transcription est effectuée au sein de l'Union européenne, par Gladia. Aucun contenu de rendez-vous n'est stocké hors de Suisse.
Une réserve, formulée honnêtement. L'infrastructure zurichoise est exploitée par Supabase, Inc. sur Amazon Web Services, deux sociétés américaines. Les données ne quittent pas la Suisse, mais l'exploitant de cette infrastructure est sous contrôle américain, et la localisation physique n'équivaut pas à la souveraineté juridique. Nous le disons plutôt que de laisser un acheteur le découvrir lors d'une revue de sécurité. La section 8 de la Politique de confidentialité détaille les garanties qui s'ajoutent à la localisation elle-même.
Durées de conservation par défaut : audio 90 jours, transcriptions 12 mois, analyses 24 mois. Le client peut raccourcir chacune d'elles. Une prolongation au-delà de la valeur par défaut n'est possible que si le client documente une obligation réglementaire qui l'impose et qu'elle est inscrite dans le bon de commande.
La suppression est définitive dans les systèmes de production. Les sauvegardes chiffrées sont purgées par rotation dans un délai de 35 jours, après quoi il ne subsiste aucune copie.
Le client peut supprimer un enregistrement donné à tout moment depuis l'application. Le retrait du consentement par un participant entraîne la suppression de cet enregistrement, de sa transcription et de son analyse.
8. Si vous avez été enregistré et que vous n'êtes pas client de MIHOS
Vous disposez de droits sur cet enregistrement, même si votre relation est avec l'entreprise dont vous avez rencontré le commercial et non avec nous. Vous pouvez en demander une copie, en demander la rectification, en demander la suppression ou retirer votre consentement. Le retrait du consentement suffit à lui seul. Vous n'avez pas à motiver votre demande.
Comme c'est cette entreprise qui décide de la finalité de l'enregistrement, adressez-lui votre demande en premier lieu. Vous pouvez aussi nous écrire à privacy@mihos.ai : nous transmettrons la demande et aiderons l'entreprise à y répondre.
9. Enregistrer des personnes au travail
Lorsque MIHOS est déployé auprès d'une équipe de vente, l'employeur doit informer ses collaborateurs avant tout enregistrement, mettre en place une directive interne écrite couvrant le système, ses durées de conservation et ses conséquences, et consulter les représentants du personnel là où le droit local l'exige.
En Suisse, l'art. 26 de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail interdit les systèmes de surveillance destinés à contrôler le comportement des travailleurs. Un système utilisé à des fins de coaching doit être conçu et exploité en conséquence. C'est pourquoi l'enregistrement est déclenché session par session par le commercial, pourquoi le produit n'écoute pas entre les rendez-vous et pourquoi il n'existe aucun mode de captation continue à activer.
Au titre du règlement européen sur l'IA, les systèmes qui surveillent et évaluent les performances des travailleurs sont classés à haut risque au sens de l'annexe III, point 4, let. b. Le règlement (UE) 2026/1744, en vigueur depuis le 27 juillet 2026, fixe la date d'application de ces obligations au 2 décembre 2027. Nous construisons en visant cette échéance.
Une analyse d'impact relative à la protection des données est requise pour un déploiement de ce type, au sens de l'art. 35 RGPD et de l'art. 22 nLPD. L'obligation incombe au client, en qualité de responsable du traitement. Nous fournissons sur demande une analyse complétée couvrant la part du traitement qui relève de MIHOS.
10. Sécurité
Les enregistrements sont chiffrés en transit et au repos. Les accès sont restreints par rôle. Chaque accès au contenu d'un rendez-vous est journalisé et visible par le client.
11. Modifications
Les modifications essentielles apportées à cette page sont notifiées aux clients par courriel au moins 30 jours avant leur entrée en vigueur.
12. Contact
MUUM Sàrl, Route de Champ-Colin 12, 1260 Nyon, Suisse. Contact protection des données : privacy@mihos.ai.
En cas de divergence entre la version française et la version anglaise de ce document, la version anglaise fait foi.


